Le projet en contexte
Rénover sans gommer, surélever pour compléter. Une hôtellerie menée comme un équipement de quartier.
L'hôtel existant, en mauvais état, occupe un angle en centre-ville. La parcelle en angle définit des perspectives et des accès sur deux rues. L'hôtel, de deux niveaux inférieur à la construction juxtaposée, laisse entrevoir la possibilité d'une extension pour combler cette dent creuse et assurer la continuité de la lecture de l'îlot.
La requalification de l'établissement nécessite une modernisation bien plus importante qu'un simple rafraîchissement. Au fil du temps, des interventions successives ont superposé couches et contraintes : chambres sous-dimensionnées, circulations non conformes, acoustique dégradée, décors historiques partiellement masqués par des reprises médiocres. La commande vise une remise à niveau complète sur l'accessibilité, le confort et l'exploitation quotidienne — sans gommer la sédimentation du bâtiment.
La surélévation sur deux niveaux permet de retravailler la distribution des chambres dans les étages inférieurs et d'augmenter la capacité de l'hôtel, en offrant une gamme plus large de typologies de chambres : chambre double, triple, suite, studio, espace extérieur privatif.
Les usages
Un hôtel tient sur un rythme particulier : matin chargé, journée creuse, soirée dense, nuit calme. Les circulations, les accès de service et la position du bureau d'accueil ont été revus pour faciliter ce rythme. La relation qu'entretient la partie hôtellerie avec la partie brasserie du rez-de-chaussée — également rénovée — est au cœur du projet d'usage. Cette brasserie permet une continuité du rythme, notamment dans la partie creuse de la journée : le lieu est vécu, traversé, comme une fourmilière dans laquelle les circuits des clients et des équipes ne se croisent que lorsque c'est choisi.
Côté équipes, la lingerie, la zone de service et les vestiaires sont réorganisés avec un accès indépendant qui évite d'encombrer les couloirs clients — geste classique d'hôtellerie, mais souvent mal traité dans les rénovations qui privilégient l'effet visible aux coulisses.
Le parti pris
La composition et les proportions initiales de la façade sont conservées. La surélévation vient coiffer l'emprise existante sur sa totalité. La volumétrie, volontairement décollée, vient signifier cette connexion à l'existant. C'est le ravalement uniforme de la façade — existant et extension — qui vient recomposer une unité d'ensemble.
La mise aux normes accessibilité devient ainsi structurelle et non cosmétique : ascenseur dimensionné PMR, passages élargis, sanitaires adaptés. C'est l'une des marques de fabrique BUPA sur le programme hôtelier : l'accessibilité n'est pas un calque posé sur le plan, elle structure le plan.
Les chambres sont restructurées une à une avec un travail particulier sur l'acoustique entre chambres, critique dans l'hôtellerie, et sur les salles de bains qui gagnent en qualité. Dans les parties communes, les décors intéressants sont repérés, nettoyés, remis en valeur ; les couches médiocres posées ultérieurement sont retirées. La logique est celle d'un réemploi sélectif : ce qui tient depuis trente ou cinquante ans mérite d'être conservé, ce qui a été ajouté en surcouche sans soin peut partir. Le mobilier, sobre et dessiné pour le lieu, évite la surenchère décorative.
Le projet en bref« À l'hôtel Malakoff, on travaille sur un bâtiment qui a déjà vécu — en mauvais état, en angle, avec deux niveaux manquants par rapport à la construction juxtaposée. La surélévation n'est pas un ajout côté cour : elle vient coiffer l'emprise existante sur sa totalité, combler la dent creuse et recomposer la lecture de l'îlot. La composition et les proportions de la façade sont conservées ; c'est le ravalement uniforme — existant et extension confondus — qui recompose l'unité d'ensemble. Dans les chambres, on restructure une à une ; dans la brasserie du rez-de-chaussée, on réinvente les circuits pour que le lieu soit vécu comme une fourmilière, sans croisements subis entre clients et équipes. Un hôtel qui appartient à son quartier, pas à une opération d'image. »


