Le projet en contexte
Le terrain occupe l'angle d'une avenue et d'une rue de faubourg, à Bordeaux, dans un contexte d'échoppes et de maisons de ville en pierre. Un angle de faubourg n'est pas une parcelle comme une autre : il expose deux façades, il tient un carrefour, et ce qu'on y construit se voit de loin.
Le programme réunit une maison de ville, un plateau de bureaux et quatre logements. Cinq unités, trois usages, une seule écriture : c'est là que se joue la difficulté.
Le parti pris
Le premier arbitrage porte sur le sol. Les stationnements sont logés dans l'emprise des constructions, ce qui libère un cœur d'îlot en pleine terre — volontairement conservé végétalisé. C'est ce choix, fait tôt, qui rend le reste possible.
La façade tient ensuite le rapport au contexte. En pierre à ses deux extrémités, elle se raccroche aux échoppes existantes. L'entre-deux, traité sur un jeu de pleins et de vides, est habillé d'un bardage en fibrociment : un matériau d'aspect minéral, allégé par des perforations placées ça et là. Les terrasses, intimisées par des barreaudages métalliques, laissent entrer la lumière en vibration du rythme des structures. Les stationnements reçoivent la même continuité de bardage, qui donne son unité à l'ensemble tout en ménageant une porosité vers le cœur d'îlot.
Les logements sont traversants. Le traitement des accès différencie les flux selon les usages et donne à chaque logement une entrée depuis l'extérieur — un peu comme une maison.
Les habitants
Cinq unités, cinq entrées distinctes. La différenciation des flux n'est pas un raffinement de plan : c'est ce qui permet à un plateau de bureaux et à quatre logements de cohabiter sans se gêner, et à chaque habitant d'arriver chez lui sans traverser l'espace d'un autre.
Sur le plan énergétique, le projet combine isolation thermique par l'extérieur, pompe à chaleur et panneaux photovoltaïques. Le cœur d'îlot en pleine terre complète le dispositif, moins comme un agrément que comme une pièce du confort d'été.
Le projet en bref« À l'angle d'une avenue et d'une rue de faubourg bordelaise, L'Atelier d'Arès réunit une maison de ville, un plateau de bureaux et quatre logements traversants sur 480 m² SDP. Les stationnements sont logés dans l'emprise des constructions afin de libérer un cœur d'îlot en pleine terre, conservé végétalisé. La façade, en pierre à ses deux extrémités, se raccroche aux échoppes voisines ; l'entre-deux est habillé d'un bardage fibrociment perforé qui allège la masse minérale. Chaque logement dispose de son accès depuis l'extérieur, comme une maison. ITE, pompe à chaleur et photovoltaïque complètent le dispositif. Commande privée, 1,3 M€, en étude. »


