Le projet en contexte
Le bâti de ville construit entre le 18e et le 19e siècle — structure porteuse en pierre de taille, façade ordonnancée, plateaux rectangulaires, cage d'escalier centrale, cour intérieure — constitue un patrimoine bâti dense et sous-exploité. Au fil des deux derniers siècles, chaque génération a laissé ses cloisons, ses peintures, ses reprises. Le bâti tient mais les logements ne correspondent plus aux attentes contemporaines : surfaces de services mal distribuées, pièces sombres côté cour, isolation thermique inexistante.
L'opération de 2013 part d'un de ces immeubles, à Andernos-les-Bains. La démarche privilégie la conservation : chaque élément qui peut rester reste. Le confort moderne arrive sans imposer son écriture ; il se glisse dans l'existant avec discrétion.
Les habitants
Les nouveaux logements accueillent des ménages mélangés — locataires, propriétaires. L'opération montre qu'une réhabilitation sérieuse sur un bâti ancien produit des logements supérieurs, en qualité d'usage, à beaucoup de neufs standards. Le chantier a été phasé pour permettre le maintien de certains occupants dans l'immeuble quand c'était possible.
Le parti pris
Conserver ce qui peut l'être, recomposer ce qui ne tient plus l'usage. Les plateaux sont redécoupés pour satisfaire aux besoins des usages contemporains : lumière naturelle, ventilation, générosité des volumes. La cage d'escalier est traitée comme un espace commun à part entière, non comme un couloir — moulures nettoyées, garde-corps restauré, éclairage doux.
La façade sur rue est confiée aux corps de métier patrimoine pour restauration à l'identique. L'écriture contemporaine se glisse dans l'existant : menuiseries discrètes, cuisines sobres, sols respectueux du plancher d'origine. Le projet privilégie la permanence des éléments sur la performance du geste.
Le projet en bref« 420 m² réhabilités à Andernos-les-Bains, livrés en 2014, pour 500 000 € HT de travaux. Sur un immeuble dont la structure et la façade étaient saines mais dont la distribution intérieure ne répondait plus aux usages contemporains, BUPA a tenu un seul parti pris : conserver ce qui peut l'être, recomposer ce qui ne tient plus. Les plateaux redécoupés, la cage d'escalier traitée comme espace commun soigné, la façade restituée à l'identique — chaque décision est au service de la durée, pas du geste. Un premier exercice sur ce type de bâti, dont la pratique de l'agence s'est ensuite poursuivie. »



