Le projet en contexte
Quelques mois après l'ouverture de la première boutique porte Dijeaux, l'enseigne Sorbet d'Amour s'installe rue Sainte-Catherine, dans une configuration très différente : une rue piétonne à fort passage, une porte double en façade, une boutique en longueur sans vitrine sur rue. Le projet réinvestit le vocabulaire établi sur la première adresse — bois clair, pierre reconstituée, peinture matte, comptoir-vitrine dessiné pour le lieu — sans le répliquer mécaniquement.
La rue Sainte-Catherine est la principale artère commerçante piétonne de Bordeaux : plus d'un kilomètre de long, quinze à vingt mille passants par jour aux heures chargées. La boutique qui s'y installe accepte une donne très différente de la première adresse Dijeaux : passage dense, clients qui achètent en marchant, concurrence visuelle saturée. La couleur s'affirme à l'intérieur : depuis la rue, la lecture est celle d'une alcôve colorée qui invite à la visite.
La maîtrise d'ouvrage est portée par les fondateurs de l'enseigne ; leur pratique du métier — vente directe, parfums saisonniers, lien immédiat au client — a guidé l'écriture du plan. Le local est un espace de vente uniquement : les glaces sont produites ailleurs et livrées sur place.
Le parti pris
Décliner sans copier. Le vocabulaire de la première boutique — bois clair, pierre reconstituée, peinture matte — est réinvesti, mais l'écriture du plan change entièrement. La boutique est mono-orientée, en longueur : on entre, on longe la vitrine pour choisir son parfum, on paie en continuant vers le fond, puis on ressort en repassant par le même chemin. L'épaisseur du passage a été calculée pour permettre la circulation simultanée devant la vitrine et la sortie des clients derrière.
Pas de vitrine sur rue : la façade s'ouvre par une grande porte double. C'est depuis l'intérieur que la couleur s'affirme — l'alcôve colorée visible depuis la rue est l'invitation. L'identité d'enseigne se lit d'un magasin à l'autre, mais chaque boutique est dessinée pour son contexte propre : même univers, jamais le même plan.
Les usages
Le flux de Sainte-Catherine est plus dense, plus rapide, plus diversifié que celui de Dijeaux : touristes, habitants de quartier, salariés en pause. La boutique a été pensée en conséquence : choix décidé en longeant la vitrine, service exécuté en moins d'une minute aux heures chargées. L'équipe sur place peut servir plusieurs clients sans engorgement grâce à la largeur calibrée du couloir de vente.
Côté stockage, le local exigu a imposé une compression des volumes de réserve. Une zone arrière meublée spécifiquement tient l'activité sans aller-retour en réserve extérieure : pots de glace en attente, ustensiles, point d'eau, espace de propreté. La contrainte formelle — un local en longueur sans dégagement — a guidé chaque arbitrage de plan.
Le projet en bref« La deuxième boutique Sorbet d'Amour, rue Sainte-Catherine, appelait une réécriture complète du plan pour satisfaire aux contraintes d'un local existant : en longueur, sans vitrine sur rue, avec une grande porte double en façade. On a conservé le vocabulaire de la maison — bois clair, pierre reconstituée, peinture matte — mais le parcours client est entièrement différent : on longe la vitrine pour choisir, on paie en continuant vers le fond, on repart sur ses pas. L'épaisseur du passage a été calculée pour que la circulation soit fluide dans les deux sens. La couleur s'affirme à l'intérieur ; depuis la rue, c'est une alcôve colorée qui invite à entrer. C'est ce qui distingue une enseigne artisanale d'une chaîne : même univers, jamais la même boutique. »




